Site de Christine Le Luron
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hors des flots

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La_Proue_endormie

La Proue endormie


Loin le souffle du vent

et les cris des hommes

le temps s'est arrêté


un univers nu

glisse autour de la proue endormie


Aucun rappel, voix de marins,

roulis, vertige

souffle du vent, fraîcheur, cieux du levant...


Nul souvenir, sable jauni, crinière rousse,

Yeux bleux, jade, émaux splendides !


Pas de saveurs, de sels, d'épices,

de rouille, de voiles humides.



Seuls des espaces glissent

Perceptions furtives

Vertiges d'un instant.

Elle se perd sûrement dans le froid sidéral

Sans mouvement

Rien ne frôle sa chair


Pourtant... Pourtant... au profond...


Survit un rien

survit un être

survit la décision


Ainsi un jour elle se souvient

les terres jaunies, les quais, les tempêtes

les routes sous la nuit, l'odeur du feu,

l'odeur du fer...

Elle crée

des jeux et des rancunes,

des tours, des pièges, des désirs

des univers même

... le mouvement des astres


Elle cherche son glaive,  ses mots,  ses gants,

les quais,  les navires,...

les batailles...

et les libertés même..........

ChLL


 

 

 

 

Elfe_des_Abers_-_sur_le_port_de_Camaret_-_buste


PARCOURS



Née à Binic, 18 ans passés sur le port, les grèves, les bateaux, les vallées, … Et je me retrouve aux commandes d’un Fenwick, pour la pesée et la vente de ces fameuses coquilles, au retour des chalutiers. Travail rude et prenant, auprès de pêcheurs rugueux, dont certains avaient… « des gueules »…
Quelques autres petits boulots plus tard, la décision de tracer mon propre parcours d’Artiste s’impose à moi. Une fois mon poêle à bois installé dans ce vieux Citroën HY, rehaussé, rallongé, je prends la route.
A l’instar des compagnons, je sillonne la France entière, 18 mois durant, travaillant le cuir et la gravure dans mon camion-atelier-maison.
Cette aventure, ponctuée de rencontres extraordinaires, de situations parfois rocambolesques, m’a permis, entre autres, d’engranger de nouvelles techniques, et surtout de commencer à participer à des expositions dans toutes les régions traversées, du nord au sud, de l'est en ouest.
Lors de mon passage en Alsace, un cousin local, plasticien d’art, me donne un seau rempli d’argile en affirmant « Tu vas vite en avoir besoin.».
De retour dans mon pays de Bretagne, je fais l’acquisition d’un grand atelier me permettant d’envisager de nouvelles créations.
Je retrouve le seau de mon cousin Alsacien, rempli d’argile, et ce fut la découverte. Lors de mon premier essai de sculpture, chance du débutant ou pas, je maîtrisais d’emblée, à ma grande surprise, le volume et la matière, ce qui m'encouragea dans cette voie.
Puis un ami, potier de son état, me permit d'acquérir, lors d’une vente de matériel professionnel, un four à céramique gigantesque (750 L) montant à plus de 1300°
J'ignorais absolument tout des argiles, de leur point de fusion, de l'émaillage, et la mise au point fût longue et laborieuse, parsemée de doutes, mais ponctuée de victoires, de plus en plus nombreuses, de plus en plus importantes.
Peut-être mon intérêt pour les visages vient-il de ces « gueules » croisées sur les quais de Binic, et d’ailleurs, peut-être vient-il de mon envie de capter les émotions qui s’y inscrivent, expressions spontanées ou masquées dont d'infimes détails révèlent la pensée.
Installée désormais dans l’ancienne école de Tréveneuc que j’ai eu la chance de louer après avoir dû quitter mon ancien atelier, je m’appropriais ce nouvel espace. Les immenses volumes de ce bâtiment représentaient un rêve pour le sculpteur que j’étais devenu.
Toujours passionnée par les visages, je décidais de faire une étude sur les émotions, et de les présenter en une suite lisible, qui, depuis l’émotion la plus sombre entrainerait le public vers des émotions positives.
Un long travail d’observation des courbes, des angles, des rides d’expression, des regards, dont de nombreuses caissières, passants, facteurs, artisans furent les victimes, fut nécessaire à la réalisation de ce projet. Mais le résultat en valait la peine.
Il me valut notamment la visite de Yvon Guilloux, fondateur et président de l’exposition « Regard sur les arts » à la Collégiale de Lamballe. Il m’invita à participer à cette prestigieuse exposition.
Mes 8 bustes y ont rencontré un vif succès, y compris auprès des enfants qui voyaient, ici leur professeur de math, ici celui de français !.. Ce travail surprenait chacun à sa façon. Il était intéressant pour moi de regarder le public réagir devant l'une ou l'autre de ces émotions.
Ces sculptures sont exposées régulièrement mais je ne les rassemble plus, d'autant que cette collection n'est plus complète. J'aime voir en situation un ou deux de ces éléments dans un étang ou un lavoir, derrière une fenêtre... Les photographes et les journalistes sont ravis !
Puis des commandes (pour l’extérieur et l’intérieur) se sont succédées :
des trophées (tour de Bretagne des véhicules anciens ABVA)
des diables pour des toitures
des chiens de garde
des pieds d'horloges sculptées
un vase immense qui servira de support à un verrier
des personnages Walt Disney pour des jeux éducatifs,...
Je m'étais déjà beaucoup exercée aux techniques de moulage, mais c'était toujours un nouveau défi pour vaincre les contraintes techniques.
Armée de tout mon savoir longuement acquis, maitrisant les techniques de la terre, j'avais désormais les moyens et la liberté de réaliser des sculptures  au gré de mon imaginaire et, comme aime à le dire le public devant mon travail, de donner la vie aux personnages...